Étape 7 : rationaliser ses finances personnelles

Quand on a passé l’étape 6, et qu’on est tout près de faire une offre, cela signifie qu’on est déjà bien avancé dans son projet immobilier ! Bientôt, nous passerons aux prochaines étapes pour passer à une recherche de financement.

Mais avant de passer à la demande de prêt, il y a un élément fondamental à prendre en compte en amont : les finances personnelles. Sans finances personnelles épurées et rationnalisées, vous perdez de précieux bons points à faire valoir auprès de votre banquier. La gestion de ses comptes rentre pleinement en compte dans le calcul du scoring bancaire.

Le découvert bancaire : à éviter à tout prix

S’il y a bien quelque chose qu’il faut éviter à tout prix, c’est le découvert bancaire. Même si vous avez de l’argent de côté, une épargne bien fournie, des revenus réguliers… ne négligez surtout pas le découvert bancaire. Si vous êtes régulièrement à découvert, cela a de fortes chances d’être rédhibitoire pour obtenir un prêt bancaire.

Avant, je n’avais pas conscience de l’importance du découvert bancaire. Je mettais une somme de côté chaque mois, et quoi qu’il arrive, je refusais de repiocher dans mon épargne si je n’avais plus d’argent sur mon compte courant. Je préférais creuser mon découvert plutôt que de toucher mon épargne : grossière erreur !

Comprendre ses dépenses et les organiser

Quand je dis comprendre ses dépenses, j’entends qu’il faille savoir à quoi correspond chaque somme d’argent qui sort de votre compte.

Dans un premier temps, il faut faire le point sur vos charges incompressibles, c’est-à-dire les charges que vous ne pouvez pas éviter chaque mois : loyer ou paiement du crédit immobilier, factures d’électricité, internet, assurance, courses alimentaires… bref, il s’agit de calculer ce dont vous avez strictement besoin chaque mois pour vivre.

Prenons mon cas par exemple : j’ai 944 euros de charges incompressibles chaque mois. Cela veut dire que dès que je touche mon salaire, automatiquement dans ma tête, je lui ampute 944 euros. Tout le reste, ça sera le reste à vivre, et c’est là que tout se joue ! Allouez un budget pour vos dépenses superflues, mais surtout : payez-vous en premier ! Votre épargne et votre budget d’investissement doivent passer avant tout le reste. D’abord vous vous payez, et ensuite vous vous faites plaisir.

Une fois qu’on a une idée précise de ses charges incompréssibles et que l’on a un budget, il faut partir à la recherche des dépenses superflues. Est-ce qu’il y a un abonnement qui traîne et dont vous ne vous servez plus ?  Une assurance contractée il y a un lustre et qui ne sert plus à rien ? Vérifiez tout, c’est fastidieux mais vous pourrez peut-être gagner de précieux euros…

Remettre en question son train de vie

Ah le train de vie… c’est le sujet le plus sensible lorsqu’il s’agit de finances personnelles. Certaines personnes vivent clairement au-dessus de leurs moyens. Certains en ont conscience, d’autres non. Certains ont des croyances limitantes, les poussant à dépenser plus, d’autres ne croient rien et dépensent simplement par habitude. Certains encore n’ont pas envie de sacrifier leur confort. Il y a toujours une bonne raison pour dépenser.

Je suis toujours fascinée par les gens qui me disent ne pas avoir les moyens pour investir mais qui n’hésitent pas à s’endetter pour une voiture à 20 000 euros.

Je suis également toujours fascinée par ceux qui me disent qu’ils n’ont pas le temps pour se former mais qui dépensent une énergie et un temps incroyables à glandouiller. C’est une véritable question d’état d’esprit et je vais vous partager mon expérience personnelle.

J’ai un jour fait le compte des robes dans mon placard : 72. Je possède plus d’une quinzaine de paire de chaussures. Je commençais même à lorgner sur des sacs à main de plusieurs milliers d’euros sur Vestiaire Collective…

Clairement avant de devenir investisseuse, j’avais de mauvaises habitudes. J’étais dans le paraître et pour moi c’était important. J’ai d’abord opéré un glissement dans ma consommation : j’ai tout d’abord cessé d’acheter une majorité de vêtements neufs et issus de la fast fashion. Je me suis de plus en plus tournée vers l’occasion et les vêtements éthiques et j’ai drastiquement réduit la fréquence de mes achats. Le résultat, c’est que j’ai désormais davantage d’argent à placer dans mon épargne ou en investissement.

Mais c’est en commençant à investir et en prenant conscience du pouvoir de chaque euro que j’ai littéralement cessé de dépenser bêtement. J’ai non seulement arrêté de dépenser bêtement mais j’en ai tout simplement perdu l’envie. Il n’y a qu’à se renseigner sur le pouvoir des intérêts composés en bourse et l’expérimenter pour comprendre qu’il est véritablement important de correctement placer son argent. Aujourd’hui, il m’arrive même de réfléchir en nombre d’actions et non plus en nombre d’euros !

Si on se plonge dans les tréfonds de la psychologie humaine, et qu’on se demande pourquoi les gens vivent au-dessus de leurs moyens, on peut trouver une réponse assez simple : l’égo. Le désir de reconnaissance est le désir le plus puissant aux côtés du désir sexuel selon Sigmund Freud (et pourtant je ne suis pas spécialement amie avec le freudisme mais pour le coup, je dois admettre qu’il a plutôt raison).

Le désir de se sentir important est dans tous les esprits, plus ou moins profondément. Les gens s’achètent des voitures chères pour avoir l’air importants. Ils portent des vêtements de marque pour lesquels ils se ruinent pour soigner leur style.

Accepter que l’on possède des moyens financiers limités voire très limités, c’est d’abord un problème d’égo. Et aujourd’hui, je me fiche totalement de rouler en Fiat Punto cabossée. Je m’en fous totalement si je n’ai pas les derniers vêtements à la mode. Je m’en cogne si je n’ai pas un bel appartement où inviter mes amis. Pour certains tout cela représenterait un réel sacrifice, pour le confort ou pour l’égo, mais moi j’ai fait la paix avec tout ça.

Le temps, c’est de l’argent

La chose qui a été la plus difficile pour moi, c’est d’accepter de vivre un peu seule et pas tout le temps en soirée, avec des amis, ou en vadrouille à l’extérieur. Je mettais beaucoup d’argent dans les vêtements mais j’en mettais également aussi dans les sorties. Aujourd’hui encore, c’est mon petit péché mignon : j’adore sortir, faire la fête, voir des amis et faire des activités… mais mon portefeuille, il aime beaucoup moins ! Ça faisait mal à mon portefeuille mais ça allait beaucoup plus loin que ça encore : c’était psychologique. Si je ne sortais pas, si je ne faisais pas une activité, je me sentais mal. C’était un véritable FOMO de vivre. J’avais une soif de vie absolument intarissable et il m’était insupportable de m’imaginer que j’étais en train de rater de fabuleux moments de vie. Dans ce contexte, vous imaginez bien que le premier confinement a été extrêmement violent pour moi. Et ce fût le cas. J’en ai été tellement traumatisée que j’ai été totalement incapable de mettre à profit le temps qui était mis à ma disposition. J’ai même dû avoir recours à un suivi psychologique qui m’avait un peu aidé mais qui n’a pas réglé le problème qui était beaucoup plus profond que le simple confinement. De la même manière que certain dépensent leur argent sans compter, moi je dépensais mon temps sans compter. Le temps, en ce sens, c’est vraiment de l’argent, car aujourd’hui j’estime avoir accumulé beaucoup de retard en raison de cette incapacité émotionnelle que j’avais à me consacrer à mes projets personnels.

Aujourd’hui, j’arrive à rationaliser non seulement mon argent mais aussi mon temps. J’accepte de perdre des moments de vie, des moments de sociabilité, pour me rapprocher de mon objectif. J’accepte que ce comportement puisse m’éloigner de certaines personnes, pour potentiellement plus tard me rapprocher d’autres. J’estime me trouver actuellement dans un entre deux, une espèce de désert de mes ambitions, que je dois traverser pour atteindre mon objectif. Pour la première fois de ma vie, j’ai confiance en l’avenir, je n’ai plus peur de ce qui va advenir de moi car je pilote ma vie comme je piloterais un avion en pleine turbulence.

Des astuces pour dépenser moins et gagner plus au quotidien

Grâce à l’économie participative, il y a une multitude de solutions qui nous permettent de revendre des affaires ou partager des frais. Voici ma petite sélection de ce qui m’aide vraiment à optimiser mes finances :

  • Blablacar : avec mes trajets réguliers dans le sud de la France pour gérer mes investissements, c’est devenu absolument indispensable de partager mes frais de déplacement !
  • Vinted : pour revendre mes 72 robes, c’est pratique.
  • Too Good to Go : pour récupérer des paniers d’invendus dans les commerces alimentaires. Je l’utilise très peu mais ça peut dépanner.
  • Geev : pour faire de la récup.
  • Leboncoin : pour acheter des meubles et de l’électroménager d’occasion. La totalité des meubles de mon actuel appartement viennent de Leboncoin !

Épurer ses finances personnelles est une étape importante, sinon obligatoire, pour se mettre sur la route de la réussite financière. On ne peut pas conserver des réflexes de « pauvre » lorsque l’on a envie d’être riche. Ça ne signifie pas qu’il faille se punir sans cesse et se restreindre sans se faire plaisir de temps en temps, mais ça signifie qu’il faut prendre conscience non pas de la valeur (car c’est relatif) de l’argent, mais de son pouvoir. Je pense que la clef, ce n’est pas de voir l’argent comme quelque chose d’inestimable qu’il faut conserver, mais plutôt comme quelque chose de puissant que l’on peut multiplier.

2 commentaires sur « Étape 7 : rationaliser ses finances personnelles »

  1. Très bon article bien écrit.
    Je pense que pour beaucoup de personnes qui ont déjà le mindset de l’investissement, la voiture et les vêtements ne sont pas vraiment un sujet.
    En revanche les sorties et surtout mettre le curseur au bon endroit entre vie sociale et monastique est beaucoup plus compliqué. La génération des trentenaires ne semble plus trop dans s’afficher mais dans l’accumulation d’expériences peu importe ce qu’elles sont et cela peut vitre générer des descendes bien dispendieuses 😁!

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    1. Hello et merci pour ce commentaire ! très bien trouvée la formule « curseur entre vie sociale et vie monastique » car parfois en ce moment, j’ai l’impression de vivre comme un moine 😅 et l’accumulation d’expériences, j’ai connu aussi… peut-être a-t-on besoin de ça pour se « remettre sur le droit chemin » ou générer une overdose ?
      A bientôt 🙂

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